samedi 12 avril 2014

Tartarin de Tarascon

Lors de sa sortie, en 1872, Aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon fut un véritable échec : les Provençaux, en particulier les Tarasconnais furent indignés, et refusèrent de se reconnaitre dans le personnage de Tartarin et de ses acolytes. On s'était alors juré « d'avoir la peau » d'Alphonse Daudet lors de son passage à Nîmes et à Tarascon. Selon Jacques Roué, on aurait crié « À mort ! » lors de ce passage, malgré la présence du vénéré Frédéric Mistral qui l'accompagnait.
Cependant, si les locaux ont très mal pris le burlesque du personnage, d'autres lui trouveront de nombreuses qualités. Flaubert, ami de Daudet, dira de cette œuvre : « C'est purement et simplement un chez-d'oeuvre. Je lâche le mot et je le maintiens »

La larve de phrygane

La larve de phrygane a une façon bien à elle de se protéger des prédateurs. Elle s'enroule dans de la soie adhésive, et constitue autour d'elle un tube de pierres, de coquilles ou de bouts de bois, dans lequel elle se glisse, pour passer incognito. Seules sa tête et ses pattes dépassent de ce fourreau qu'elle agrandit par l'avant au fil de son développement.

Le Struthof

Durant la Seconde Guerre mondiale, un camp de concentration existait sur ce qui est aujourd'hui le territoire français : le camp de Natzwiller-Struthof, se trouvant alors en Alsace annexée était un camp de travail pour hommes, mais aussi un camp de "recherche" médicale nazie. On estime que plus de 20 000 personnes y furent tuées.

Le guide Michelin

Le célèbre guide Michelin est la création en 1900 des frères Michelin, André et Édouard. Ces derniers eurent l'idée de créer ce guide, qui contenait différentes informations pratiques, afin d'encourager le voyage et ainsi développer le marché de l'automobile et des pneumatiques. Moins de 3000 automobiles roulaient en France à l'époque.

Perrier

Si on ne trouve quasiment pas de bouteilles Perrier aux États-Unis, c'est à cause d'un ouvrier français qui oublia de changer un filtre dans l'usine de production française. À cause de cette erreur, du benzène fut retrouvé dans des bouteilles aux États-Unis et Perrier dut rappeler toutes ses bouteilles suite à la polémique engendrée.
Ce sont 280 millions de bouteilles qui furent rappelées et détruites. Les experts de la gestion de crise estiment aujourd'hui que c'était une erreur puisque cela renforça l'idée selon laquelle il y avait un réel problème de santé publique. Deux ans plus tard, une OPA inamicale de Nestlé réussit.

Explosion volcanique

L'Europe n'est pas à l'abri d'une catastrophe volcanique : l'Allemagne abrite en effet un super-volcan sous le lac Laacher See. Sa dernière éruption remonte à 12 900 ans et s'il venait à entrer en éruption,  l'Europe pourrait être plongée dans le noir pendant des années.
Une fausse rumeur lancée par le Dailymail a affirmé en 2012 que le volcan serait sur le point d'entrer en éruption.

La boule de Moulins

La boule de Moulins est un moyen de communication mis au point par La Poste lors du siège de Paris par les Prussiens en 1870. Les boules remplies de courrier étaient jetées dans la Seine en amont de Paris, puis devaient être récupérées par les Parisiens grâce à des filets. Malheureusement, aucune boule ne fût récupérée lors du siège, et on en retrouvera jusque dans les années 1980.
Les boules furent appelées ainsi, car le courrier à destination de Paris passait par Moulins, avec un affranchissement de 1 franc au lieu de 20 centimes.

L’effet Veblen

L'effet Veblen (ou effet de snobisme), évoqué par Thorstein Veblen, est bien connu en marketing : il consiste à préférer des biens dont le prix élevé fait toute la valeur et non leur valeur pratique. La baisse du prix de ces produits induit une baisse de l'intérêt des acheteurs et donc de la demande. Il s'applique particulièrement dans le luxe (automobiles, vêtements) et dans les oeuvres d'art.

Bonbon au menthol

Lorsque l'on mange un bonbon au menthol, la sensation de froid n'est pas due à une baisse de température : il s'agit d'une réaction chimique avec les récepteurs sensibles au froid de la bouche, déclenchant un message erroné au cerveau qui l'interprète comme un rafraîchissement soudain. C'est le même fonctionnement à l'inverse pour les piments avec la capsaïcine.

Le septennat, pari sur la mort du comte de Chambord

Ce terme est plus particulièrement utilisé en droit constitutionnel pour désigner la durée du mandat du président de la République depuis l'instauration de la Troisième République.
En France, le septennat fut mis en œuvre par le président monarchiste Patrice de Mac-Mahon, par la loi du 20 novembre 1873. En pratique, il prit fin en 2002 à l'achèvement du premier mandat du président Jacques Chirac, après 129 ans d'application — hormis la parenthèse du régime de Vichy — pour être remplacé par le quinquennat.
Après la démission forcée de Thiers, l'intention du duc de Broglie et de l'assemblée était de rétablir une monarchie modérée. Seule l'inclinaison du prétendant au trône, le comte de Chambord, pour une monarchie traditionaliste, symbolisée par son refus intransigeant d'accepter le drapeau tricolore comme emblème national, empêcha cette nouvelle restauration. Faute de mieux, l'assemblée, poussée par le duc de Broglie, principal adversaire des radicaux, vote pour le légitimiste Maréchal de Mac-Mahon à la présidence de la République. Elle décide de prolonger le régime provisoire en votant le septennat (1873) personnel sur son nom, dans l'attente du décès du comte de Chambord, et son remplacement dans l'ordre successoral par le comte de Paris, plus ouvert au respect des libertés démocratiques essentielles. Le Maréchal devait donc faire office en quelque sorte de régent. La durée des fonctions présidentielles trouve là son origine, fixée alors en fonction de l'espérance de vie supposée du comte de Chambord. Toutefois, à cette fin, l'idée du décennat qui avait déjà été reprise dans les constitutions de l'an VII (article 39) et de 1852 (article 2) est d'abord retenue, y compris par Mac-Mahon lui-même, cependant que Laboulaye, rapporteur du projet de loi est plutôt favorable au quinquennat comme les républicains. Invité à se prononcer, entre un mandat de 5 ans ou de 10 ans, Mac-Mahon opte finalement, par souci du compromis, pour la solution intermédiaire de 7 ans qui semble contenter tout le monde. Ce compromis satisfait effectivement les deux parties : les monarchistes qui voient dans ce "mandat de monarque" à la fois la condition et les prémices de la restauration d'un roi acceptable, car il pouvait très bien être transformé en mandat à vie, comme l'avait déjà obtenu auparavant les deux Napoléon, ce pourquoi les bonapartistes acceptent aussi cette durée; les républicains également qui contiennent la durée du mandat dans des limites acceptables et s'assurent par la suite, notamment avec l'amendement Wallon de son caractère impersonnel afin qu'il ne soit pas attaché à la personne du Chef de l'Etat venant d'être désigné, sachant que cette désignation procède du parlement élu par le peuple. Tout ceci dans le cadre d'un marchandage constitutionnel plus vaste, à mettre au compte du duc de Broglie, où toutes les issues restaient possibles pour cette Troisième République naissante.