Durant la période de 1894 à 1911 à Karlsruhe, il développe le procédé
Haber, un procédé de formation catalytique de l'ammoniac à partir
d'hydrogène et d'azote dans des conditions de haute température et haute
pression, que BASF adoptera en 1909. Il devient riche et influent. En
1914, il est l'un des signataires du Manifeste des 93 : ce document,
publié en Allemagne dans La Revue Scientifique le 4 octobre 1914
en réaction au repli allemand lors de la bataille de la Marne, soutenait
la politique guerrière du Reich et de son Kaiser. Il obtient la
médaille Liebig en 1914.
Il a reçu le prix Nobel de chimie de 1918 « pour la synthèse de l'ammoniac à partir de ses éléments ». Le procédé Haber
a été une étape importante dans la chimie industrielle, car il a séparé
la production de produits azotés, comme les engrais, les explosifs et
les matières premières chimiques, des ressources naturelles terrestres,
en particulier du nitrate de sodium, dont le Chili était l'un des
principaux (et presque unique) producteur. La disponibilité soudaine
d'engrais azotés bon marché a permis d'éviter une catastrophe
malthusienne.
Pendant la Première Guerre mondiale, il travaille activement à la
mise au point d'armes chimiques et l'emploi du chlore comme gaz de
combat (« vagues dérivantes ») reçoit l'accord de l'état-major allemand.
La première offensive allemande au chlore, sous sa supervision, est
réussie mais ne parvient pas à obtenir la percée décisive pour des
raisons essentiellement stratégiques. L'état-major allemand n'avait pas
prévu une telle efficacité, même si les positions françaises était
décimées, les troupes allemandes n'étaient pas prêtes à se déplacer.
Membre du conseil de surveillance du groupe militaro-industriel IG
Farben dès sa création en 1925, Haber fut aussi actif dans les
recherches sur les réactions de combustion, sur la séparation de l'or de
l'eau de mer, sur l'effet adsorption et en électrochimie. La plus
grande partie de son travail eut lieu de 1911 à 1933 à l'Institut de
physique et d'électrochimie de Berlin-Dahlem. Il s'intéressa également
aux pesticides et ses recherches permirent à Leonid Andrussow de mettre
au point le procédé Andrussow servant à fabriquer industriellement le
Zyklon B, produit qui sera employé des années plus tard dans les
chambres à gaz des camps d'extermination.
En 1932, il est encore lauréat de la Médaille Rumford.
Peu après qu'Adolf Hitler a pris le pouvoir le 30 janvier 1933, il
fait écarter les juifs de la fonction publique allemande. À cette
époque, les scientifiques et les universitaires sont presque tous des
fonctionnaires. Même si Hitler sait que Fritz Haber est un savant de
premier plan qui adhère aux valeurs allemandes et qui par ses travaux a
permis à l'Allemagne de prolonger la Première Guerre mondiale d'une
année, il refuse de le laisser continuer à occuper le poste de directeur
du Kaiser-Wilhelm Institute de physico-chimie à Berlin. Max Planck tente de faire fléchir le Führer lors d'une rencontre en tête-à-tête, mais ce dernier réplique : « Si la science ne peut se passer des Juifs, nous nous passerons de la science l'espace de quelques années ».
En 1934, Haber émigre en Angleterre, où il a obtenu un poste à
l'université de Cambridge, mais meurt la même année lors de son passage à
Bâle.
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