On sait qu'au début, les deux grands
tableaux, La Maja vêtue et La Maja nue, étaient la propriété de Manuel Godoy ;
le tableau avec la femme habillée était placé sur le tableau avec la femme nue,
et c'était un mécanisme qui permettait de découvrir le second. Actuellement,
ils se trouvent tous les deux au Musée du Prado depuis 1910. Auparavant, ils
étaient conservés à l'Académie royale des beaux-arts de San Fernando, mais dans
une salle réservée, d'accès restreint, où l'on reléguait les nus quelque peu
osés.
L'histoire de l'œuvre est en elle-même
intéressante par ses péripéties : en 1807, Ferdinand VII la confisqua à Godoy,
et, en 1814, l'Inquisition décida de la cacher au public pour « obscénité » et
engagea un procès contre Goya, mais le peintre fut acquitté grâce à l'influence
du cardinal Don Luis María de Borbón y Vallabriga ; cependant la peinture resta
cachée hors de la vue du public presque jusqu'au début du XXe siècle.
Le 15 juin 1930, les postes
espagnoles émirent une série de timbres, valant respectivement 1, 4 et 10
pesetas, au motif de la Maja nue ; c'était la première fois qu'une femme nue
apparaissait en philatélie, ce qui provoqua un scandale. La même année, le
gouvernement des États-Unis interdit et fit retourner à leurs expéditeurs
toutes les lettres d'Espagne portant ces timbres.
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