L'une
des stratégies que certains animaux ont développées pour se défendre
contre leurs prédateurs consiste à se défaire d'un membre ou d'un
appendice, de façon irréversible ou temporaire, grâce au mécanisme de
régénération, comme chez certains lézards.
La science savait déjà que les souris épineuses étaient capables d'abandonner un bout de queue pour échapper aux prédateurs.
C'est
en tentant de mieux expliquer ce phénomène qu'Ashley Seifert et ses
collègues de l'Université de Floride ont découvert que le rongeur
pouvait perdre beaucoup plus qu'un bout de peau pour se sauver.
Ils
ont fait ce constat au moment de capturer deux spécimens sauvages pour
les étudier : les souris ont laissé entre leurs mains jusqu'à 60 % de la
peau qui recouvrait leur dos.
Les
chercheurs se sont rendu compte, en analysant cette peau, qu'elle était
très fragile. En fait, elle nécessite 77 fois moins d'énergie que celle
de sa cousine la souris grise pour se déchirer.
La
guérison de l'animal est également renversante. Dans le mois qui suit
la perte de sa peau, la souris épineuse retrouve une double couche de
derme intacte, sans signe de cicatrice et avec des follicules pileux en
parfait état. Le cartilage avait aussi réapparu et était pleinement
fonctionnel, de même que les glandes sébacées.
Le processus moléculaire en cause reste pour le moment un mystère que les biologistes tentent activement de percer.
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