dimanche 13 juillet 2014

L'affaire de la garde corse

Le 20 août 1662, des soldats de la Garde corse du pape Alexandre VII en vinrent aux mains avec les Français chargés de la protection de l'ambassade de France à Rome. Des coups de feu furent tirés sur le carrosse de l'ambassadeur, le duc Charles III de Créquy, faisant plusieurs morts et blessés, dont un des pages du duc.
Quelque temps plus tôt, un malfaiteur avait été arrêté dans les jardins de la villa du cardinal Rinaldo d'Este par les gardes corses sur ordre du cardinal Flavio Chigi, le propre neveu du pape Alexandre VII. Fort courroucé, Rinaldo d'Este fit appel à des ministres étrangers à des fins d'arbitrage. C'est ainsi que le duc de Créquy fut envoyé par Louis XIV comme ambassadeur extraordinaire pour régler le conflit entre le cardinal et les gardes du pape. Il était alors accompagné de plusieurs soldats. La situation dégénéra lorsque certains de ces soldats injurièrent et rouèrent de coups deux gardes corses dans un cabaret romain. Une sanction fut prononcée par le duc à l'encontre des auteurs de la rixe, mais elle ne parut pas suffisante au souverain pontife, ni surtout à ses gardes, lesquels entendirent laver eux-mêmes l'affront, ce qui déboucha sur l'incident du 20 août 1662.
Le pape ne réagissant pas, Louis XIV ordonna à l'ambassadeur de quitter Rome et éloigna de Paris le nonce apostolique Celio Piccolomini : ce fut quasiment la rupture diplomatique. De son côté, le parlement d'Aix décida l'annexion au royaume de France d'Avignon, alors possession papale.
Le 12 février 1664 intervint un accord, le Traité de Pise. Le gouverneur de Rome dut se rendre à Paris pour fournir des explications, la garde corse fut dissoute et une pyramide édifiée à l'endroit où l'attentat avait été commis. Enfin le légat du pape, le cardinal Chigi, vint s'excuser publiquement devant Louis XIV le 29 juillet 1664. À la suite de quoi la France rendit Avignon au pape.
La pyramide fut détruite quatre ans après son édification sur ordre du pape Clément IX. Ainsi, du souvenir de cette histoire ne subsiste plus que la tapisserie L'Audience du légat, un tableau dans la Galerie des Glaces et une plaque de bronze au Musée du Louvre.

Reste également, en souvenir de cette affaire, des médailles qui ont été frappées le jour de la construction de la pyramide, de sa destruction et une dernière pour l'Audience du pape.

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