Juillet
1810 : Paris célèbre le mariage de l'archiduchesse Marie-Louise avec
Napoléon Ier. Le bal donné par l'ambassadeur d'Autriche en l'honneur des
nouveaux époux tourne à la catastrophe : la salle de bal, mince
construction de bois élevée dans le jardin de la résidence, -s'embrase,
faisant de nombreuses victimes. Furieux de l'inefficacité des secours,
Napoléon prend des sanctions et crée par décret du 18 septembre 1811 le
Bataillon de sapeurs chargé des pompes à incendie de la Ville de Paris.
La capitale est ainsi dotée d'une particularité unique au monde, qui
subsiste encore aujourd'hui : un corps de pompiers militaires.
En
créant les sapeurs pompiers de la Ville de Paris en 1811, Napoléon
sanctionne un échec : celui des gardes-pompes civils créés en 1716. Un
ancien comédien, Dumouriez du Perrier avait alors obtenu du Régent la
direction générale d'un service de 32 hommes.
La
décision de l'empereur crée une triple ambivalence : le nouveau corps
est militaire, mais il est placé sous les ordres du préfet de police ;
pour former la nouvelle unité, Napoléon délègue une partie des sapeurs
du Génie, chargés de la protection des palais impériaux, mais ne
s'oppose pas à la réintégration d'une partie des anciens gardes-pompes
civils ; enfin ce corps militaire n'est voué qu'à des missions
pacifiques.
Après
l'annexion des communes voisines de Paris en 1860, Napoléon III
transforme le bataillon en régiment en 1866. Sa compétence est étendue à
l'ensemble du département de la Seine en 1939 et le régiment est
transformé en brigade en 1968 : l'actuelle brigade de sapeurs pompiers
de Paris (BSPP).
Les
transformations de Paris sous la IIIe République, la construction de
grands immeubles, la multiplication des établissements industriels,
l'arrivée du gaz, de l'électricité, du métro furent l'origine ou le lieu
de grands sinistres qui frappèrent l'opinion : l'Opéra-Comique en 1887
(80 morts), la Comédie-Française en 1900, le Printemps en 1921. Citons
aussi le célèbre incendie du Bazar de la Charité en 1897 (112 morts).
Les moyens de transport modernes furent aussi en cause avec l'incendie
de la station de métro Couronnes en 1903 (84 morts). L'effectif initial
de 576 militaires va donc augmenter régulièrement jusqu'à atteindre
aujourd'hui 8 700 militaires, accompagnant une croissance phénoménale
des interventions : 8 000 environ par an vers 1920, 500 000 aujourd'hui.
Les actions terroristes des années 80/90 furent à leur tour l'occasion
de la mise au point de plans d'intervention permettant de déclencher un
déploiement considérable de moyens.
Le
sapeur pompier de Paris n'est plus limité à la lutte contre l'incendie
comme nombre de ses collègues étrangers, mais devient le spécialiste de
l'urgence et de la lutte contre les catastrophes, quelle que soit leur
origine. Le secours à victime représente désormais une part majoritaire
des interventions.
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